L’Année Pastorale : Comment la définir ? Comment la comprendre ?

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Le père Roger Gomis est prêtre du diocèse de Dakar, au Sénégal. « La Croix Africa » publie périodiquement ses chroniques spirituelles.

Cette semaine, il explique le sens de l’année pastorale.

C’est bientôt la reprise dans plusieurs diocèses à travers le monde. Elle sera marquée, entre le début du mois de septembre et la fin du mois d’octobre, par des messes de lancement autour de l’évêque diocésain qui promulgue, à l’occasion, de nouvelles orientations pour une nouvelle année pastorale. Mais comment définir, précisément, une année pastorale ? Comment la comprendre ?

Il s’agit de l’une des expressions souvent évoquées et qui semblent être bien comprises par tout le monde mais combien sommes-nous à bien définir ou à expliquer clairement le sens d’une année pastorale ? En effet, on peine à trouver une définition officielle qui la caractérise à travers des textes de référence.

Toutefois, on peut tenter de l’expliquer en commençant par souligner ce qu’elle n’est pas.

Une année pastorale n’est pas une année liturgique. Celle-ci commence entre fin novembre et début décembre de chaque année, avec le 1er dimanche de l’Avent. Elle se termine un an plus tard, après 34 dimanches. Elle célèbre les grands moments de l’histoire du salut, articulée autour des principaux moments de la vie du Christ : sa naissance (Noël), sa mort et sa résurrection (Pâques), et le don de l’Esprit (Pentecôte).

Nous observons tous également que l’année pastorale ne correspond pas, non plus, à l’année civile qui dure 12 mois et commence au mois de janvier.

Qu’est ce que donc une « année pastorale » ?

Pour mieux l’appréhender, intéressons-nous au qualificatif « pastorale » qui se réfère à l’image biblique du « pasteur ». Dans l’Ancien Testament, l’image du berger a été attribuée à Dieu lui-même pour exprimer les soins dont il couvrait son peuple (Ps 23), au futur Messie également (Ps 78) ainsi qu’aux chefs du peuple élu (Jr 23). Dans le Nouveau testament, Jésus qui concentre en lui toutes ces prérogatives décline son identité et sa mission à travers l’image du berger, ainsi qu’on le voit au chapitre 10 de l’évangile de saint Jean.

Ainsi la « pastorale » désigne l’ensemble des activités et des moyens mis en œuvre pour la prise en charge des besoins spirituels des communautés chrétiennes. Elle consiste à nourrir et à approfondir la foi, l’espérance et la charité des fidèles du Christ, mais aussi à dialoguer avec les non croyants et la communauté humaine dans son ensemble. Elle se réalise à travers des célébrations liturgiques, des moments d’animation de la vie communautaire, l’accompagnement personnel, la présence au milieu des hommes…

Dans le temps, l’année pastorale est donc cette période significative de réalisation des activités apostoliques et pastorales pour un diocèse, consacrée traditionnellement par une célébration eucharistique solennelle de lancement, un moment privilégié que saisit l’évêque diocésain pour donner de nouvelles orientations pastorales pour l’ensemble des paroisses et des fidèles.

Elle dure au moins 09 mois et débouche généralement, aux alentours du 29 juin, en la fête des Apôtres Pierre et Paul, sur des célébrations d’ordinations sacerdotales et de voeux perpétuels ou temporaires de religieux. Sa fin coïncide avec la grande période de repos du clergé pour qui le code de droit canonique prévoit un mois de congé : « les clercs bénéficieront tous les ans d’une période de vacances convenable et suffisante, déterminée par le droit universel ou particulier » (cf. canon 283, 2) ».

Bonne reprise et bonne année pastorale à tous !

Source: https://africa.la-croix.com/




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