La fête de Noël, histoire et théologie

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Quelles sont l’histoire et la théologie de la fête de noël célébrée tous les 25 décembre? Les explications du père Alain-Pierre Yao, docteur en liturgie, prêtre du diocèse de Bouaké en Côte d’Ivoire.

Depuis le 4ème siècle l’Église fête avec grande solennité l’incarnation du Verbe le 25 décembre. Cette date choisie n’est évidemment pas la date historique de la naissance du Christ mais répond d’une part au désir de supplanter le culte païen du dieu soleil qui était très en vogue en cette période pendant le solstice d’hiver.

Pour éloigner les chrétiens de ces fêtes idolâtriques, l’Église leur rappelle avec force que le Christ est la vraie lumière qui éclaire tout homme. D’autre part il s’agissait d’affirmer la foi authentique au mystère de l’incarnation suite aux différentes hérésies christologiques des 4ème et 5èmesiècles.

La célébration de cette fête est marquée, depuis des siècles jusqu’à nos jours, par ses trois messes à savoir la messe de la nuit, la messe de l’aurore et celle du jour. À l’origine ces messes étaient propres à la liturgie papale. Initialement et ce jusqu’à la fin du 5ème siècle, Noël ne comportait que la messe du jour qui était célébrée à Saint Pierre. Après le concile d’Éphèse (431) qui  reconnut la maternité divine de Marie, la basilique Sainte Marie Majeure fut construite en son honneur avec en son sein une réplique de la crèche de Bethléem.

La messe de la nuit trouve son origine dans le désir d’y célébrer une liturgie nocturne semblable à celle qui se déroulait à Bethléem. Quant à la  messe de l’aurore, elle est liée à la célébration de la mémoire de Sainte Anastasie le 25 décembre, dans la basilique qui lui est dédiée à Rome. Pour honorer les autorités byzantines qui résidaient près de cette basilique, le pape allait y célébrer la messe avant de se rendre à Saint Pierre pour la messe du jour.

Au niveau rituel, il faut signaler que, contrairement à Pâques, la Noël n’a pas de liturgie particulière à part ses textes bibliques et ses oraisons propres. Après la reforme liturgique du Concile Vatican II, l’on a conservé la triple célébration que l’histoire nous a léguée en y ajoutant une autre à la veille au soir et donc le soir du 24 décembre. Cette dernière se présente à la fois comme la conclusion du temps de l’Avent et l’entrée dans la célébration du mystère de l’incarnation. La liturgie de la Parole des trois messes de Noël qui culmine dans la lecture du Prologue de Saint Jean à la messe du jour, nous présente un Jésus enfant qui ne parle pas. Toutes les prophéties d’Isaïe, proposées comme première lecture, font écho du salut apporté par la naissance du sauveur. Les textes de Saint Paul et de la lettre aux hébreux évoquent les temps nouveaux introduits par l’évènement de l’incarnation et de ses implications au niveau du comportement de tout chrétien. Dans les évangiles il y a d’abord une approche historique avec Saint Luc, l’évangéliste de l’enfance de Jésus et ensuite une approche contemplative avec Saint Jean qui, à la messe du jour, nous guide dans une méditation profonde de l’éternité de la gloire du Père historiquement manifestée dans la chair en un petit enfant couché dans une mangeoire. Quant aux oraisons de ces différentes messes de Noël, elles sont le reflet de l’histoire de cette solennité par la mise en évidence de la vérité de l’incarnation du Verbe. Le thème central contenu dans ces oraisons n’est autre que celui de l’admirable échange entre la divinité et l’humanité. Cela apparait plus clairement dans la collecte de la messe du jour :

« Père, toi qui as merveilleusement créé l’homme et plus merveilleusement encore rétabli sa dignité, fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu’il a voulu prendre notre humanité ».

En effet, comme nous l’enseigne Saint Léon le Grand dans son texte proposé à l’Office des lectures, si Dieu s’est fait homme, c’est pour que l’homme devienne participant de sa vie divine. Non seulement il assume notre humanité mais aussi il nous régénère comme fils de Dieu. Tel est, en définitive, la Bonne Nouvelle de la Noël.

 

Source: https://africa.la-croix.com/




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