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La déliquescence du système éducatif dans certains pays africains

RETOUR SUR L’ACTUALITÉ. Le père Serge Martin Ainadou est prêtre du diocèse de Cotonou. Chaque semaine, il propose une réflexion sur l’actualité.

Dans plusieurs pays d’Afrique, on entend monter une vague de plaintes contre une baisse générale du niveau scolaire chez des apprenants dans nos collèges et lycées. D’aucuns, révoltés par ce phénomène de déliquescence du système éducatif dans certains pays africains, n’hésitent pas à dénoncer clairement la difficulté pour des élèves de s’exprimer à l’oral comme à l’écrit. De l’avis de certains éducateurs, les apprenants ont maintenant tendance à écrire comme ils l’entendent.

Incompréhension des textes, difficulté à lire à voix haute, et surtout à articuler avec cohérence les idées entre elles, sont autant de lacunes relevées. L’État, les parents puis Internet sont mis au banc des accusés. Dans ce procès, apparaît cumulativement, comme en toile de fond, un autre problème plus inquiétant : la capacité du système éducatif à former et développer chez les apprenants un esprit critique face à l’absorption actuelle du monde du virtuel.

Apprendre à reconnaître la désinformation

En réalité, cette formation de l’esprit critique, même si elle reste une finalité traditionnelle de l’école, semble devenir un lieu commun non interrogé de la culture enseignante. La philosophie par exemple, n’est plus prisée par les apprenants. Ils n’y perçoivent qu’une spéculation creuse et oiseuse à côté des autres matières au programme. Et pourtant, la philosophie, en tant que discipline transversale, permet de s’interroger avec l’élève, sur son environnement, les enjeux de son époque et sur son avenir dans la société.

Avec la révolution numérique, par exemple, et sa puissance de diffusion de messages de toute sorte et à toutes fins, se multiplient les appels à distinguer l’information solide et fiable, des rumeurs, canulars malveillants, ou désinformation. Quand l’on sait à quelle vitesse se propagent sur les réseaux sociaux ces messages, il est légitime de s’inquiéter sur les conséquences qui peuvent en découler.

La montée de nouveaux obscurantismes

L’appel à la distanciation critique devient donc une urgence et doit pouvoir demeurer l’objet d’une étude systémique en philosophie. Cette étude devrait être accessible aux apprenants, déjà fragilisés par une réelle baisse de niveau scolaire.

La question de la distanciation critique pose fondamentalement des questionnements sur l’éthique pédagogique de l’objectif des différents programmes du système éducatif de nos pays africains.

À ce propos, doit-on continuer, par exemple, à observer, impuissant, une montée de formes de l’obscurantisme promues par certains courants d’idées ?

Dans la mesure où ces courants rejettent en bloc les notions pourtant transcendantales de vérité, de raison et nourrissent des théories de haine, il est primordial de nourrir l’esprit critique des apprenants.

Père Serge Martin Ainadou

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