Catéchuménat

Job, modèle de confiance en Dieu au moment des épreuves

PERSONNAGES BIBLIQUES. Le père Alexandre Kabera est prêtre du diocèse de Kigali au Rwanda et bibliste. Dans ce texte, il présente le personnage de Job, dans la Bible.

Le nom de Job signifie en hébreu « celui qui se repent, qui revient vers Dieu ». Le récit du livre biblique qui porte son nom, le décrit comme un homme intègre et droit. (Jb 1,1). Pieux et riche, il est frappé par des malheurs inexplicables mais reste un modèle de patience et de persévérance dans les moments difficiles.

Le livre de Job est une œuvre poétique qui traite de la question du mal, il a inspiré de nombreux penseurs et auteurs en raison des questions universelles qu’elle soulève à propos de la condition humaine.

Les malheurs de Job

La présence de Satan dans la cour céleste est étonnante. Surtout le dialogue entre lui et le Seigneur. L’Éternel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal » (Jb 1, 6-1). Les malheurs qui vont s’abattre sur Job sont présentés dans le récit comme des épreuves que Satan fait subir à Job pour tester son attachement à Dieu.

Job est frappé durement par des malheurs : les annonces du pillage de ses bœufs et ânesses par les Sabéens qui tuent aussi ses serviteurs, la mort de ses brebis, celle de ses chameaux et surtout la mort de ses fils et ses filles. Sa réaction est un autre signe que cet homme est juste car il dit ; « Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni ! » (Jb 1, 21).

Dialogues

Les dialogues entre Job et ses amis sous forme poétique constituent des positions théologiques en débat. Les amis de Job, Éliphaz, Bildad et Tsophar soutiennent l’idée que Dieu étant juste, Job est puni pour avoir désobéi à la loi divine (Jb 3-31). Pour eux, Job est un pécheur méritant sa punition, car Dieu récompense le bien et punit le mal sans aucune exception. Pour sa part, Job, convaincu de son innocence, maintient que ses souffrances ne peuvent être dues à ses péchés, et qu’il n’y a donc pas de raison que Dieu le punisse. Un certain Elihou intervient en tenant la voie de la médiation et maintenant la souveraineté, la justice de la miséricorde divine (Jb 32-37). Il condamne fortement l’approche des trois amis, tout en reprochant à Job de présenter sous un faux jour la justice de Dieu.

La réponse de Dieu

Dieu clôture les échanges en deux discours (Jb 38-42,6) par lesquels il fait comprendre à Job en même temps son erreur et sa suffisance. Celui-ci prend conscience de la toute-puissance de son Dieu en même temps que de sa condition de créature : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre ». (Jb 42, 5.6). Puis, Dieu réprimande les amis de Job parce qu’ils n’ont pas parlé de lui avec droiture. (Jb 42, 7) Il rétablit aussi Job : « Pendant ses dernières années, Job reçut de l’Éternel plus de bénédictions qu’il n’en avait reçues dans les premières, et Job mourut âgé et rassasié de jours » (Jb 42, 12.17).

Job dans le Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament, c’est le livre de Jacques qui parle de Job de façon explicite comme modèle de patience dans les malheurs : « Vous avez entendu parler de la patience de Job, et vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda, car le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion » (Jc 5, 11). D’autres livres du Nouveau Testament font référence au livre de Job de façon implicite. C’est le cas de 1 Corinthiens 3, 19 ; « Aussi est-il écrit : Il prend les sages dans leur ruse » qui cite Job 5, 13 « Il prend les sages dans leur propre ruse, et les desseins des hommes artificieux sont renversés ». La déclaration de Job, « Je sais que mon Rédempteur vit » (19:25), est interprétée comme une déclaration de foi proto-chrétienne, et forme la base de plusieurs hymnes chrétiens. Enfin, de nombreux chrétiens tiennent Job pour un prototype historique de Jésus Christ : l’Homme souffrant indûment sous la providence et la volonté du Seigneur. Job est, de ce fait un modèle de confiance en Dieu au moment des épreuves.

Père Alexandre Kabera
Source
africa.la-croix.com

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