Homélie du dimanche : « Le but et l’objet de notre recherche ici-bas doivent être Dieu»

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Homélie du Père Simplice Yannick Thiaré, formateur au séminaire Saint-Louis de Ziguinchor enseignant de Latin et Français.

Chaque année, les fidèles croyants revivent et fêtent, avec une ferveur renouvelée, l’évènement de l’Epiphanie du Seigneur où l’hommage des mages cristallise toute l’attention. Fête, par excellence de la lumière, en référence au Christ, lumière des nations qui, par l’Eglise, illumine la terre entière (cf. L.G. 1), l’Epiphanie est la rencontre des peuples avec le Seigneur. Isaïe avait rêvé de ces jours où Jérusalem serait le lieu du rassemblement de toutes les nations (Cf. 1ère lecture). Pionniers et symboles de cette rencontre, les mages représentent tous ceux qui, de loin, vont à la recherche du Seigneur.

Mais les mages, dont il est question et dont on ignore a priori, l’identité, qui sont-ils, réellement? Saint Matthieu, le seul qui parle, dans son Evangile, de ces personnages assez mystérieux, pourrions-nous dire sans exagération, ne nous renseigne pas assez sur ces personnes. Il se plaît, simplement, à dire qu’ils viennent de l’Orient et vont à Bethléem en Judée rendre visite au roi des Juifs qui vient de naître. Ce n’est que plus tard, au VIIème siècle, précisément, qu’on donnera à ces mages le nom de rois et on les nommera BalthazarGaspard et Melchior. Les noms exotiques donnés à ces mages fait, explicitement, référence à la diversité des peuples, tous bénéficiaires de la plénitude de la Gloire du Christ comme le relève, merveilleusement, la préface de cette fête : « Aujourd’hui, tu as dévoilé dans le Christ le mystère de notre salut pour que tous les peuples en soient illuminés.» L’avènement du Christ marque, alors, la fin de toutes discriminations, de tout sectarisme, et de toute tentative d’appropriation du Christ puisque, en à croire, l’apôtre Paul, dans sa lettre aux Ephésiens (2ème lecture) « ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ, par l’annonce de l’Evangile

Ainsi, en Christ, la prophétie d’Isaïe se réalise car en lui l’espérance d’une vie meilleure renaît (cf. Ps. 71), et la paix envahit les cœurs. Désormais, donc, c’est vers lui que tous regardent et c’est en lui que tous se rassemblent lui l’horizon et l’Orient des hommes.

Si nous sommes convaincus que notre vie est un pèlerinage, alors, suivons, avec empressement, les pas des mages attentifs comme eux aux signes de la présence de Dieu, car ils, pour reprendre les termes du Pape François, « l’image de tous les hommes, qui dans leur vie, ne se sont pas laissé anesthésier le cœur ». C’est là, un appel qui est lancé à tout homme, appel à maintenir le cap les yeux levés vers le ciel. On serait les plus à plaindre si on croyait que la route qui mène à Dieu est, déjà bien balisée. Ce n’est pas une route facile car elle peut être longue, parsemée d’obstacles : Mauvaise visibilité, dos d’ânes, virages dangereux, troncs d’arbre. Mais quels que soient les obstacles et les peines qu’il faudra endurer, il faut, seulement, se convaincre que l’étoile est toujours là pour éclairer la traversée des déserts. Dieu nous accompagne toujours sur nos routes terrestres. Il est notre compagnon de tous les instants et de tous les jours.

La visite des mages nous rappelle que le but et l’objet de notre recherche ici-bas doivent être Dieu. Cela suppose se mettre, chaque jour, en route à l’instar des mages pour rencontrer celui qui, le premier, suscite un éveil au cœur de l’homme et le provoque à se mettre en route. Mais, aujourd’hui, beaucoup de nos contemporains, au lieu de se mettre en route préfèrent dormir. Pire encore, comme le roi Hérode ils ferment leur cœur et se ferment eux-mêmes à la grâce et empêche la lumière d’atteindre leur cœur. Aujourd’hui aussi, beaucoup d’hommes et de femmes cherchent Dieu en vain, parce qu’ils le cherchent là où il n’est pas. Dieu n’est pas dans un palais comme pouvaient le croire les mages, mais dans les vies brisées, dans chaque cas désespéré, dans le pauvre et le malheureux. C’est justement là qu’intervient notre mission en tant que baptisés. Il s’agira pour nous d’annoncer l’Evangile, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle à tous les hommes surtout à ceux-là qui n’ont plus la force de marcher, à ceux qui vivent des situations difficiles. Le meilleur cadeau que nous pourrions faire à Dieu, ce n’est ni notre or, (source de nombreux conflits), ni notre encens ni notre myrrhe, mais notre participation à l’annonce de son règne qui est un règne de paix et d’amour. Le caractère missionnaire de cette fête qui est ici exprimé est rendu plus manifeste par la célébration de la Journée Mondiale de l’Enfance Missionnaire appelée Sainte Enfance. L’Enfance missionnaire a pour objectif d’éveiller chez les enfants le désir d’être des missionnaires, de venir en aide aux autres enfants aussi bien en leur enseignant à prier qu’en les soutenant sur le plan matériel.. Que la lumière de Jésus les éclaire afin qu’ils puissent, jour après jour, vivre, dans la joie, le don de la foi au Christ qui est vivant aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles. AMEN !!!

Source: https://africa.la-croix.com/




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