Homélies

Homélie: 4ème dimanche de Pâques – 25 avril 2021

Jésus berger de toute humanité…

À cause de cette page d’Évangile, c’est aujourd’hui la journée de prière pour les vocations. Le pape Paul VI l’a instituée en 1963 et l’a fixée au 4ème dimanche de Pâques. Quand nous parlons des vocations, nous pensons aux prêtres, aux religieux et religieuses qui prennent de l’âge. Mais dans les textes bibliques de ce dimanche, les lamentations stériles n’ont pas leur place. Le plus important, c’est de découvrir le Christ qui se présente à nous comme le bon berger. 

Ce bon berger est un observateur attentif ; il connaît chacune de ses brebis ; aucune ne se ressemble ; elles sont toutes uniques. Qui que nous soyons, nous avons du prix à ses yeux. Cette conviction de foi doit nous conduire à l’action de grâce pour tout ce qui nous est donné. Cela signifie également que chacun a une vocation propre : tous les états de vie sont des vocations, non seulement les prêtres et les religieux, mais aussi le mariage, la présence au monde. Nous sommes tous appelés à une vocation particulière au service de tous. C’est ensemble, en communion avec toute l’Église que nous participons à la mission du Christ Bon Berger.

Dans un deuxième temps, le Christ nous dit que le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Il reste solidaire. Il ne les abandonne pas quand vient le loup, quand vient l’épreuve. Jésus expose sa vie pour protéger ses brebis. Il va jusqu’au bout en se donnant totalement à ceux qui viennent l’arrêter. Il donne sa vie pour le salut du monde. Lui-même nous l’a dit : “Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne”. Et quand nous chantons “Jésus Berger de toute humanité”, nous proclamons que nous voulons le suivre et lui donner la première place dans notre vie.

Enfin, le Bon Pasteur nous dit qu’il a d’autres brebis dans d’autres bergeries. Il s’en préoccupe ; il veut les rassembler toutes en un seul troupeau dans l’unité. Quand il dit cela, il ne pense pas seulement aux bons chrétiens ; il pense aussi à tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu, ceux et celles qui organisent leur vie sans lui et en dehors de lui ; il voit aussi ceux et celles qui combattent l’espérance chrétienne ou la tournent en dérision. Les uns et les autres sont connus et aimés de Dieu. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle.

Depuis la Pentecôte, les apôtres sont devenus les messagers de l’Évangile. Après la résurrection de Jésus, Pierre a connu une transformation très forte. Lui qui avait peur au moment de la Passion fait preuve d’une force merveilleuse. Il n’hésite pas à proclamer devant tous ses adversaires qu’en dehors de Jésus, il n’y a pas de salut. Ce n’est que grâce à lui que nous pouvons obtenir la vie nouvelle qui fait de nous des enfants de Dieu. C’est de cela que nous avons à témoigner tout au long de nos journées. Les évêques, les prêtres, les diacres, les laïcs sont tous donnés à l’Église et au monde comme le Christ notre berger. Nous ne sommes pas à notre compte mais à celui de Jésus qui nous appelle et nous envoie pour être les témoins de la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

La lettre de saint Jean (2ème lecture) va dans le même sens. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre que Dieu nous aime. C’est vrai que nous sommes devenus des enfants gâtés. Mais il nous faut imaginer le bouleversement de cette révélation d’amour a pu provoquer à l’époque. Elle s’adressait aux grandes cités de l’empire Romain, à des gens exploités et méprisés, à des mal-aimés de Corinthe et d’Éphèse. Pour eux c’était un véritable renversement. Le monde de l’amour n’avait rien à voir avec celui du pouvoir.

Ce qui est premier c’est cette révélation inimaginable d’un Dieu dont le nom est “Amour”. Nous y avons été plongés au jour de notre baptême. “Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Il a voulu que nous soyons enfants de Dieu”. C’est une expérience vraiment extraordinaire. Il s’agit moins d’aimer que de se savoir aimés par lui. Pour nous, cela a commencé au jour de notre baptême et cela se développe tout au long de notre vie. Un jour viendra où nous atteindrons la parfaite ressemblance avec le Fils de Dieu. “Nous luis serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est”. Il suffit de se laisser aimer.

Si nous allons communier au Corps et au sang du Christ c’est pour puiser à la source de cet amour qui est en Dieu, c’est pour entrer dans ce projet qui anime Jésus. Alors oui, nous te prions Seigneur : donne-nous force et courage pour rester fidèles à cette mission que tu nous confies.

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